Management : de connard à leader, c'est possible ?
- Aurélya Bilard

- 21 avr.
- 3 min de lecture
Un manager toxique au bord du gouffre. Une coach qui refuse de le ménager. Et huit chapitres pour tenter l'impossible : passer du déni au leadership. Le manager qui voulait devenir leader n'est pas un manuel de plus sur le management. C'est un miroir. Pas toujours flatteur.

« Hugo, pourquoi veux-tu devenir un meilleur leader ? » Cette question, on pourrait la poser à n'importe quel manager désireux d'avoir un meilleur impact sur son équipe. Et à tout responsable qui a décidé de remettre en question avec honnêteté son style de management. Mais lorsqu’on a affaire à un manager qui se pense parfait, par où commencer ? Quelles questions poser pour initier une prise de conscience ?Et comment passer d'un management toxique à un vrai leadership ?
Hugo, portrait d'un management toxique ordinaire
Dans "Le manager qui voulait devenir leader" de Vanessa Marcié, Hugo est un personnage fictif au bord de la rupture. Son équipe le sait. Son directeur général aussi. Lui en revanche est dans le déni. Il pousse, mais n'accompagne pas son équipe. Quand il pense motiver, en réalité, il blesse et humilie ses collaborateurs. Parce qu'il est devenu un manager toxique, son patron lui impose une épreuve de la dernière chance. Exilé du siège, il est sommé de repenser son management et de repartir de zéro avec une nouvelle équipe. Tout ne serait donc pas complètement perdu. Passer de connard à leader serait possible ? Il fallait essayer.
Prise de conscience : le chemin est long, c'est normal
Comme tout bon roman qui se respecte, il convient de tourner pas mal de pages avant que le personnage principal ose se regarder en face et entame une introspection. Non pas pour changer du jour au lendemain et devenir le manager de l'année en un claquement de doigt. Mais bien pour prendre conscience de ses propres croyances limitantes et les apprivoiser, afin d'être en mesure d'adapter concrètement son management aux personnes et aux situations.
Clara, la coach qui convainc avec des preuves
Dans cette quête de soi, Hugo n'est pas seul. Il est accompagné de Clara, une femme qui "aide à développer les talents". Tout au long des huit chapitres, elle l'interroge, l'oblige à voir les choses sous d'autres angles. Pourquoi et comment créer un climat de confiance ? Pourquoi le droit à l'erreur est-il important ? Est-il possible de tirer parti du conflit ? Clara n'est pas seulement bienveillante. C'est une technicienne qui cite des études et des psychologues, enrichit son discours avec des exemples et des méthodes concrètes, et propose des exercices pour injecter de la clarté. En fait, elle convainc avec des preuves.
Chaque chapitre se conclut avec les principaux enseignements à retenir, une liste de questions à se poser, un plan d'action à mettre en place et des ressources pour aller plus loin.
Leadership : un roman qui ose là où les manuels échouent
En quatrième de couverture, on peut lire que ce livre est "à mi-chemin entre récit initiatique et guide pratique". C'est totalement juste tant il bouscule nos émotions. Hugo nous énerve lorsqu'il se victimise et ne comprend pas que sa hiérarchie lui offre une seconde chance. Il nous surprend lorsqu'il se met à nu devant sa nouvelle équipe et évoque ses faiblesses. Il nous laisse sans voix lorsqu'il reprend contact avec son ancienne équipe pour un mea-culpa sincère.
Vanessa Marcié a réussi à trouver le juste équilibre entre fiction et informations pratiques. En ça, il ne s'agit nullement d'un énième manuel sur le leadership.
Ce livre ne promet pas de transformer les managers toxiques en saints du management. Il fait mieux : il prouve que la prise de conscience, même douloureuse, même tardive, est possible. Et que le premier pas vers le leadership, c'est d'arrêter de se raconter des histoires. Hugo y arrive. Ce n'est pas une garantie. C'est une invitation.

Le manager qui voulait devenir leader, de Vanessa Marcié, aux éditions Vuibert, paru en janvier 2026




Commentaires